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Claude raconte... L'échappée belle !
Cette section, "L'échappée belle !" a été rédigée par CLAUDE, qui nous a très gentiment offert de publier son récit (juin 2009). Nous le remercions vivement pour sa collaboration !
Tous droits reservés. Toute reproduction ou traduction, totale ou partielle, est strictement et formellement interdite.
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Aéroport, San Francisco.
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La nuit."
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Chez "Dollar" (location de voitures), plus de voiture normale, un PT Cruiser, genre scarabée ayant mal tourné, cest tout ce qui reste. Les assurances doublent le prix, mais pas le choix, cest la Californie et une horde davocats mal intentionnés vous attendent au moindre faux pas de conduite.
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"Demain, je change de voiture, cest sûr."
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Lhôtel est au centre ville, cest tout droit; vite au lit. Demain lève tôt.
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"Dollar" nest pas content, mais jai ma voiture avec un coffre qui ferme. Le scarabée sen retourne chez les dinosaures.
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San Francisco - ce sacré brouillard va nous poursuivre chaque matin :
"7h 30, chez Dotties Blue café, petit déjeuner gargantuesque pas cher juste au coin de lhôtel. Des pancakes à léchelle dun bûcheron canadien, un régal. La file dattente sallonge dehors, nous sommes arrivés juste à temps."
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Il est 9 heures et San Francisco se fait pudique, couvrant dun brouillard cotonneux gris sale tout ce qui dépasse les 50 mètres au-dessus du niveau de " lamer ".
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"On ne sy attendait pas et ce sacré brouillard va nous poursuivre chaque matin."
"San Francisco, on connaît pas alors on fait comme on fait chaque fois: on regarde la carte et on fait au hasard. On a toujours de bonnes surprises et se perdre ne pose jamais problème."
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En allant au Sud, on tombe sur Twin Peaks, vue imprenable sur la ville mais.. cause brouillard, seulement laprès-midi nous dit le policier de service. Il est 10h30, ce sera pour la prochaine fois.
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Un autre détour au Nord cette fois, Coit Tower nous ouvre des vues de la Baie entre les maisons souriantes de leurs peintures chatoyantes et de leurs jardins méticuleusement entretenus. Nous sommes un peu beaucoup sous le charme de ces rues en pente si raide que les tramways y semblent en lévitation permanente. On voudrait sy glisser pour un instant, mais Napa nous attend et le froid (mais oui, il fait froid!) ralentit nos ardeurs.
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Un passage obligé par Lombard Street -ce serpent de rue qui se love dans ses parterres de fleurs, et nous filons plein Est vers le Golden Gate Park. Un Jardin de thé japonais imprévu nous y retient et nous parle zen entre deux "fortune cookies (your talents will be fully recognized
Ouf !!)" et un thé au jasmin. On aime beaucoup surtout les extraordinaires arbres miniature. "
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Plein Nord, et à travers le parc du Presidio, droit sur le Golden Gate Bridge.
Mais, le pauvre a perdu sa grandeur, décharné, il a perdu ses arches, ses piliers, seul reste son tablier soutenu par des câbles dont la suite se perd dans ce foutu brouillard.
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Dommage, on aurait aimé son plumage.
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Etre un peu chez soi dans un tout autre ailleurs :
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Passé le pont, nous entrons si vite dans la Sonoma que le brouillard essoufflé na pas suivi, il sest volatilisé sous le soleil.
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Imaginez passer de Lille à Marseille en 40 minutes, cest léchappée belle et sans péages.
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Pour un peu on recommencerai tant la surprise est grande, et sautent les pulls souvrent les fenêtres et là, déjà, comme par magie, ce sont les odeurs qui nous sautent aux narines.
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Les eucalyptus y mélangent leur sereines effluves aux essences de pins, une espèce de garrigue y ajoute une tonalité presque provençale, et entre les vignes, des oliviers nous jouent un air de déjà vu dans une Amérique impensable qui nous annonce son tempo: piano, piano! (Un mot bien à propos tant les italiens jouèrent un rôle important dans le développement des vignobles des deux vallées).
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Cette sensation si confortable dêtre un peu chez soi dans un tout autre ailleurs, pour notre plus grand plaisir nous poursuivra tout au long de ces chemins de grande découverte.
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Tout de suite aussi cette autre sensation, la vallée est petite, les yeux ne peuvent rien perdre du beau, tout est là, à portée dune vue qui nous surprend en permanence par son élégance. Au sud de la vallée, nous sommes si loin des routes rectilignes et des centres commerciaux que nous en perdons notre étonnement pour une sensation de plénitude qui jamais ne nous quittera.
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Cette route qui nous mènera vers notre destination finale, Los Angeles, nous donnera loccasion de découvrir Hearst Castle, Big Sur, Carmel, et la beauté des missions qui du temps des Espagnols dominaient lhistoire de cette partie du monde. Trois jours pour sabandonner aux air marins à la vitesse de nos désirs.
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On attendait lAmérique, et cest un village qui nous reçoit... :
"Il est 14 heures et le village de Sonoma sest assoupi autour de sa place espagnole et dans la Mission que nous visitons presque seuls, les murs blanchis à la chaux, la chapelle et les baraquements des soldats nous rappellent que cest en 1820 que fut construite la plus au nord des Missions qui jalonnaient le Camino Real, chemin que les Espagnols avaient construit pour connecter les vingt et une Missions qui gravissaient presque toute la Californie de San Diego à Sonoma."
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Pêle-mêle, nous retrouvons là lhistoire tourmentée des deux siècles de la conquête de lOuest Américain et nous en apprendrons un peu plus à chaque visite dune nouvelle Mission dans notre descente sur Los Angeles.
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À Sonoma on attendait lAmérique: restaurants, gifts shops, bus de touristes, hôtels et centre commerciaux. Et cest un village qui nous reçoit tout en douceur, calme, un soupçon de volupté. Nous qui fuyons les villes nous avons envie de rester. Dans le patio arrière de la Mission un groupe décoliers sapplique à tresser des paniers et faire des bougies à lancienne et les effluves d un barbecue se nouent dans un délicieux mélange au romarin, thym, sauge et sarriette du jardin des simples, reste squelettique de celui de la mission.
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Une visite éclair à la belle maison (au joli nom de Lachryma Montis en raison de la source qui sy trouvait) du Général Vallejo, figure importante de la politique locale du milieu 19ème, une autre au "Visitor Center" pour préparer nos "travaux" de dégustation, et nous voilà prêts à commencer notre découverte des vins californiens.
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Non que nous nayons pas déjà apprécié depuis longtemps certains de ces vins qui, au même titre que ceux du Chili, dAfrique du Sud , dAustralie, dEspagne ou de Hongrie, nous avaient ouvert dautres horizons que ceux qui nous étaient plus familiers, mais vraiment rien de tel que de déguster au chai -et si je puis dire, dans leur jus, des vins locaux.
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Jai souvenir dun Aloxe Corton, dun Côte Rôtie ou dun Quart de Chaume dégusté en propriété et croyez-moi, je ne suis pas prêt de les oublier.
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Le plaisir de ces dégustations : les conversations avec le personnel :
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Délibérément, et en dehors de trois visites que nous voulions faire absolument, nous avions décidé de laisser au hasard de la route les tournées des caves.
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Une jolie entrée, une maison élégante perdue dans les pins, un vignoble enjambant harmonieusement une colline, et nous entrions.
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Un parking goudronné, une cave à lallure prétentieuse, et nous passions notre chemin.
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Car ce ne sont pas les producteur qui manquent: quarante six dans le Sud Sonoma et ils fonctionnent tous de la même façon: sur une plateforme de bar, une feuille de papier annonce les dégustations du jour.
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Entre quatre et six cépages millésimés seront servis, souvent blancs et rouges mélangés pour un prix fixe par personne ( mais on peut goûter à deux) bien souvent de $10 et parfois jusquà $15.
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Mais ce qui fait le plaisir de ces dégustations ce ne sont pas seulement les vins servis, mais les conversations que lon peut avoir avec le personnel qui nous sert. Très au courant des vins quils servent, des cépages, et des vignobles locaux, ils aiment partager une bonne conversation et apprécient ceux qui ont plus de temps que celui de la seule dégustation.
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Très au courant des vins quils servent, des cépages, et des vignobles locaux, ils aiment partager une bonne conversation et apprécient ceux qui ont plus de temps que celui de la seule dégustation.
Mais, car il y a un gros mais, sil se trouve subitement un grand nombre de clients à servir, la conversation redevient professionnelle et la dégustation devient une formalité qui brise dun coup toute émotion, tout enthousiasme.
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Nous apprendrons vite à ne pas participer et aller voir ailleurs si un autre a plus de temps ou plus envie de partager avec nous ses sensibilités vinicoles.
Près de quarante différentes variétés de vignes dont nous ne connaissions même pas certaines (Alicante Bouschet ??), une diversité de terres et de climats exceptionnels pour une si petite région laisse de nombreux tours et retours à une conversation qui pourrait bien ne jamais finir tant il y a à apprendre de la bouche des viticulteurs amoureux de leur coin de paradis.
Grâce à eux, nous en saurons plus que jamais sur les chênes américains, la vanilline, la taille en vert, les soutirages, les levures, la fermentation, les concentrations dalcool, les terrains sédimentaires et les vielles vignes de 120 ans.
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Nous fuirons souvent les grosses exploitations pour jouir plus intensément du savoir du petit producteur qui sera souvent là en personne à partager sa passion.
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Cest drôle comme une bonne dégustation donne au vin un bien meilleur goût..
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Pour nous, les virages, cétait épouser la nature plus que la contraindre :
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Et le temps passe si vite, quatre vignobles dans laprès-midi, mais que de joies déjà.
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Le soir doucement fait glisser le soleil derrière les collines à lEst.
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5 heures; les ombres sallongent dans la vallée, et déjà les portes des caves se ferment; il nous faut traverser léchine montagneuse, la Myacamas, qui sépare irrémédiablement de la Sonoma les autres producteurs, ceux de la Napa.
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Trois quarts dheure de virages serrés nous avait dit, contrit, un chauffeur local.
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Mais pour nous les virages cétait épouser la nature plus que la contraindre, nous en étions presque rassurés.
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Et la montagne était si belle, le Var, peut-être la Drôme provençale, on ne pouvait se retenir de la comparaison même si nous ne le voulions pas.
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Notre auberge nous attendait, et nous espérions y arriver lentement au rythme du soir qui colorait dorange vif les prairies, de vert sombre les chênes et relevait à la perfection les odeurs que le soleil avait anéanties de chaleur dans le cur du midi.
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La suite au prochain numéro :
Napa Valley
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Lire également Le volet nº1 de ce récit :
Itinéraire
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